Vous avez reçu un SMS frauduleux ? Votre compte a été piraté ? Vous pensez être victime d'une escroquerie en ligne ? Votre ordinateur a été infecté ? Vous avez subi une fraude bancaire ou un chantage sur Internet ?

17Cyber est justement conçu pour aider les victimes à comprendre ce qui leur arrive et à savoir quoi faire.

Lancé le 17 décembre 2024, 17Cyber est un service public d'assistance en ligne, proposé conjointement par la Police nationale, la Gendarmerie nationale et Cybermalveillance.gouv.fr. Il est accessible gratuitement, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Pourquoi 17Cyber ?

Internet a profondément transformé la criminalité. Hameçonnage, faux sites administratifs, piratage de comptes, rançongiciels, arnaques bancaires, chantage, usurpation d'identité, cyberharcèlement...

Pour une victime, il n'est pas toujours évident de savoir :

  • si elle est réellement victime d'une cyberattaque
  • quelle est la nature du problème
  • qui contacter
  • quelles mesures prendre immédiatement
  • s'il faut déposer plainte
  • comment sécuriser son ordinateur ou son téléphone

C'est précisément ce problème que cherche à résoudre 17Cyber. L'objectif est de proposer un guichet unique d'assistance cyber, plutôt que de laisser la victime chercher elle-même le bon interlocuteur.

Une histoire récente

17Cyber est un dispositif récent, mais il s'appuie sur une structure créée plusieurs années auparavant.

En 2017, l'État crée le GIP ACYMA, qui pilote notamment Cybermalveillance.gouv.fr. Cette plateforme a pour mission d'assister les victimes de cybermalveillance, mais également de sensibiliser le public et d'observer l'évolution de la menace numérique. Le projet 17Cyber est ensuite annoncé par le Président de la République en 2022. Il est finalement lancé le 17 décembre 2024 par le ministère de l'Intérieur, la Police nationale, la Gendarmerie nationale et Cybermalveillance.gouv.fr.

Pourquoi le nombre « 17 » ?

Le nom fait volontairement référence au 17, le numéro d'appel d'urgence de la Police et de la Gendarmerie.

L'idée est de créer une sorte de « 17 numérique ». Attention toutefois : 17Cyber n'est pas le numéro 17.

Il s'agit principalement d'un service accessible en ligne, sur lequel la victime commence par décrire sa situation.

Comment fonctionne 17Cyber ?

Le principe est particulièrement simple. La victime se rend sur le site et répond à une série de questions concernant le problème rencontré. Le système établit alors un diagnostic de la situation et fournit des recommandations adaptées. Selon la nature et la gravité du problème, plusieurs possibilités peuvent être proposées :

  • des conseils et recommandations
  • des démarches à effectuer immédiatement
  • une orientation vers les services compétents
  • un échange avec un policier ou un gendarme par tchat lorsque la situation le justifie
  • une mise en relation avec un prestataire informatique pour une assistance technique.

Le service fonctionne donc comme un premier niveau d'orientation et d'assistance.

17Cyber n'est pas uniquement destiné aux particuliers

C'est un point important. 17Cyber s'adresse à plusieurs catégories de victimes :

  • particuliers
  • entreprises
  • associations
  • collectivités
  • administration.

Il ne s'agit donc pas simplement d'un service destiné aux personnes qui se sont fait escroquer sur Internet.

Quels problèmes peut-on lui soumettre ?

Le dispositif couvre de nombreuses situations de cybermalveillance. On peut notamment rencontrer des cas concernant :

  • l'hameçonnage (phishing)
  • les arnaques en ligne
  • la fraude bancaire
  • le piratage d'un compte
  • l'usurpation d'identité
  • les virus et logiciels malveillants
  • les rançongiciels
  • le chantage en ligne
  • le cyberharcèlement
  • le vol ou la compromission de données
  • certaines atteintes visant les entreprises et les collectivités

L'intérêt du dispositif est justement de ne pas obliger la victime à connaître le vocabulaire technique.

Elle peut simplement décrire ce qui lui arrive.

Un diagnostic avant l'assistance

C'est probablement l'une des caractéristiques les plus intéressantes de 17Cyber. Le service ne commence pas par demander à l'utilisateur de choisir entre une dizaine de termes techniques qu'il ne comprend pas forcément. Il cherche d'abord à déterminer ce qui s'est passé.

Par exemple :

« J'ai reçu un SMS de ma banque me demandant de cliquer sur un lien. »

ou :

« Mon compte Facebook a été piraté. »

ou :

« Des paiements apparaissent sur mon compte bancaire alors que je ne les ai pas effectués. »

Le parcours permet ensuite d'identifier le type de menace et de proposer les premières mesures à prendre.

Le tchat avec la Police ou la Gendarmerie

Dans certaines situations, le diagnostic peut conduire à une prise de contact avec un policier ou un gendarme par tchat. Ce dispositif permet notamment de recevoir des conseils de première urgence et, lorsque cela est nécessaire, d'être orienté vers les démarches judiciaires appropriées. C'est une différence importante avec un simple site d'information. 17Cyber ne se contente donc pas de dire :

« Voici un article expliquant ce qu'est le phishing. »

Il peut également permettre à la victime d'être orientée vers un interlocuteur humain.

Et pour le dépannage informatique ?

Il faut faire une distinction. 17Cyber peut identifier qu'une victime a besoin d'une assistance technique, mais le service ne transforme pas pour autant l'État en société de dépannage informatique. Lorsque cela est nécessaire, la victime peut être orientée vers un prestataire référencé ou labellisé par Cybermalveillance.gouv.fr. Pour les entreprises, associations et collectivités, le dispositif propose notamment Mon ExpertCyber, qui permet de rechercher des prestataires labellisés ExpertCyber. Cette prestation de sécurisation est, elle, payante.

17Cyber est-il gratuit ?

Oui, le service 17Cyber lui-même est gratuit. Il permet d'effectuer le diagnostic et d'obtenir des conseils et une orientation. En revanche, si la victime a besoin d'une intervention technique d'un professionnel, cette prestation peut être payante. Il faut donc bien distinguer le service public d'orientation et la prestation informatique éventuellement réalisée par un professionnel.

Une disponibilité 24 heures sur 24

Autre avantage : le service est accessible 24 h/24 et 7 j/7. C'est particulièrement pertinent en matière de cybercriminalité : une fraude bancaire ou un piratage de compte peut évidemment se produire un dimanche soir ou un jour férié. Le diagnostic en ligne est donc disponible à tout moment.

17Cyber et Cybermalveillance.gouv.fr : quelle différence ?

Les deux sont étroitement liés, mais ils ne sont pas exactement la même chose. Cybermalveillance.gouv.fr est le dispositif national de prévention, de sensibilisation et d'assistance aux victimes de cybermalveillance. 17Cyber est un service d'assistance en ligne mis en œuvre au sein de ce dispositif, en partenariat avec la Police nationale et la Gendarmerie nationale.

On pourrait résumer ainsi :

Cybermalveillance.gouv.fr = le dispositif national
17Cyber = le guichet d'assistance

Et l'ANSSI dans tout ça ?

Il ne faut pas confondre les deux. L'ANSSI est l'autorité nationale en matière de cybersécurité et de cyberdéfense. Elle a notamment pour mission de protéger les systèmes d'information critiques de la Nation, de connaître la menace, d'accompagner les organisations et de contribuer à la régulation du secteur.

17Cyber est beaucoup plus orienté vers la victime.

Les limites de 17Cyber

Comme tout dispositif, 17Cyber a ses limites.

17Cyber ne remplace pas les services d'urgence

En cas de danger immédiat pour une personne, il ne faut pas attendre un diagnostic en ligne. Le 17Cyber est un dispositif d'assistance cyber ; il ne remplace pas les numéros d'urgence classiques.

17Cyber ne garantit pas que l'attaque sera stoppée

Le service peut fournir un diagnostic, des recommandations et une orientation. Mais il ne peut évidemment pas garantir qu'un compte piraté sera immédiatement récupéré ou qu'un logiciel malveillant sera automatiquement supprimé.

L'assistance technique peut nécessiter un professionnel

Une personne dont l'ordinateur est compromis peut avoir besoin d'une intervention technique. 17Cyber peut l'orienter vers un professionnel, mais le nettoyage ou la sécurisation de l'appareil n'est pas nécessairement réalisé gratuitement par le service public.

Le diagnostic repose sur les informations fournies

Comme tout système de diagnostic, la pertinence des recommandations dépend en partie de la capacité de la victime à décrire correctement la situation. Il ne faut donc pas hésiter à conserver les preuves : captures d'écran, SMS, mails, coordonnées de l'escroc, adresses Internet, relevés bancaires, etc.

Un dispositif qui répond à un véritable besoin

Le lancement de 17Cyber répond à une évolution importante : la cybercriminalité est devenue une criminalité du quotidien. En 2025, Cybermalveillance.gouv.fr a enregistré 5,1 millions de visiteurs uniques et plus de 500 000 victimes assistées, soit une progression de 20 % par rapport à 2024. Le dispositif indique également avoir dépassé 1,87 million de demandes d'assistance cumulées depuis 2017. Ces chiffres illustrent une réalité : la cybersécurité n'est plus uniquement une affaire d'informaticiens et de grandes entreprises. Elle concerne désormais tout le monde.

Le bon réflexe en cas de problème

Lorsqu'une personne pense être victime d'une cybermalveillance, elle peut avoir tendance à paniquer.

La première chose à faire est pourtant de ne pas agir dans la précipitation. Ne pas :

  • payer un escroc
  • répondre aux menaces
  • cliquer sur de nouveaux liens
  • supprimer les preuves
  • communiquer de nouveaux mots de passe
  • installer précipitamment un logiciel recommandé par un inconnu.

17Cyber constitue alors un excellent point de départ pour comprendre la situation et savoir quelles mesures prendre.