Pendant des décennies, l'accès à Internet en France s'est fait principalement par le réseau téléphonique en cuivre (installé à la fin des années 60 par les PTT). L'ADSL puis le VDSL ont permis d'améliorer considérablement les débits par rapport au simple modem téléphonique. Mais ce réseau vieillissant est progressivement remplacé par la fibre optique. À terme, le réseau cuivre destiné aux communications électroniques doit disparaître au profit de réseaux plus modernes. Cette évolution va profondément modifier notre manière d'accéder à Internet.


Du téléphone à Internet : le long parcours du réseau cuivre

Le réseau cuivre a été installé à l'origine pour transporter les communications téléphoniques. Avec l'apparition d'Internet, ce même réseau a été utilisé pour transmettre des données numériques. Le modem 56K, puis l'ADSL, ont ainsi permis de se connecter à Internet sans utiliser une ligne téléphonique exclusivement dédiée aux données. L'ADSL a constitué une véritable révolution pour les particuliers : il était désormais possible de téléphoner et d'utiliser Internet simultanément, avec des débits bien supérieurs à ceux du modem classique. Le VDSL a ensuite permis d'obtenir des débits encore plus élevés, mais avec une forte dépendance à la longueur et à la qualité de la ligne cuivre.


Pourquoi remplacer le cuivre ?

Le réseau cuivre présente plusieurs limites. Il est ancien, nécessite de nombreuses opérations de maintenance et ses performances diminuent avec la distance entre le logement et le répartiteur. Plus la ligne est longue, plus le débit ADSL ou VDSL peut être faible. Le cuivre est également sensible à certaines perturbations électriques et à l'état physique des lignes.

À l'inverse, la fibre optique transporte les données sous forme de signaux lumineux. Elle permet des débits beaucoup plus élevés et est beaucoup moins sensible aux perturbations électromagnétiques. Le remplacement du cuivre permet donc de disposer d'une infrastructure mieux adaptée aux besoins actuels et futurs.


Fibre optique : des débits sans commune mesure avec l'ADSL

C'est probablement la différence la plus visible pour l'utilisateur. Avec l'ADSL, le débit descendant pouvait atteindre jusqu'à environ 20 Mbit/s dans les meilleures conditions, mais il pouvait être beaucoup plus faible selon la longueur de la ligne. Le VDSL pouvait aller plus loin, avec plusieurs dizaines de Mbit/s et, dans certaines conditions, dépasser 100 Mbit/s. La fibre permet aujourd'hui des offres pouvant atteindre plusieurs centaines de Mbit/s, 1 Gbit/s et parfois plusieurs Gbit/s.


Pour comprendre les unités

1 Gbit/s = 1 000 Mbit/s. Ainsi, une connexion annoncée à 1 Gbit/s offre théoriquement un débit cinquante fois supérieur à une connexion ADSL à 20 Mbit/s. Mais attention : il s'agit de débits théoriques ou commerciaux. Le débit réellement obtenu dépend notamment de l'offre, de la box, du réseau local, du Wi-Fi, du câble utilisé et du serveur auquel on se connecte. La fibre ne sert pas uniquement à télécharger plus rapidement. Le gain de débit est évidemment important, mais ce n'est pas son seul avantage.


La fibre permet notamment :

  • de télécharger et envoyer rapidement de gros fichiers
  • de regarder des vidéos en haute définition sur plusieurs appareils
  • d'utiliser plus confortablement les services de visioconférence
  • de jouer en ligne dans de bonnes conditions
  • de télétravailler avec plusieurs équipements connectés
  • de connecter simultanément de nombreux appareils

La fibre symétrique peut également offrir un débit montant beaucoup plus important que l'ADSL. C'est particulièrement intéressant pour envoyer de gros fichiers, sauvegarder des données dans le cloud ou diffuser des contenus.


Et le réseau câble ?

Il ne faut pas confondre fibre optique et réseau câblé. Le réseau câblé, historiquement utilisé notamment pour la télévision par Numéricâble, repose en partie sur des câbles coaxiaux. Il a été modernisé au fil des années et peut offrir des débits importants. Cependant, dans le cadre du déploiement du FTTH (Fiber To The Home), la fibre est amenée directement jusqu'au logement. La tendance est donc également à la généralisation de la fibre jusqu'à l'abonné, plutôt qu'à la conservation des anciennes infrastructures câblées.


La fin progressive de l'ADSL

Le développement de la fibre entraîne progressivement la fermeture du réseau cuivre. L'objectif n'est pas simplement de proposer une nouvelle technologie : il s'agit à terme de remplacer l'ancien réseau par une infrastructure entièrement nouvelle. Dans les secteurs où la fibre est disponible, les opérateurs peuvent donc inviter leurs clients utilisant encore l'ADSL à migrer vers une offre fibre. À terme, l'ADSL et les autres technologies utilisant le réseau cuivre disparaîtront progressivement.


Tout le monde aura-t-il la fibre ?

C'est l'un des grands enjeux de cette transition. Dans les zones urbaines et densément peuplées, installer de la fibre pour de nombreux logements est généralement plus facile à rentabiliser. Dans certaines zones rurales ou très isolées, la situation peut être différente. Le raccordement d'une habitation très éloignée, d'un hameau isolé ou d'un logement nécessitant des travaux importants peut représenter un coût très élevé. La question est donc : que faire lorsque le raccordement à la fibre est techniquement possible mais économiquement très difficile ?


La 4G et la 5G comme alternative à la fibre

Dans certaines situations, les réseaux mobiles peuvent constituer une solution intéressante. Une Box 4G ou une Box 5G utilise le réseau mobile de l'opérateur pour fournir une connexion Internet au logement. Le principe est simple : au lieu de recevoir Internet par une ligne téléphonique ou une fibre, la box communique avec une antenne mobile située à proximité.

Elle crée ensuite un réseau WiFi dans le logement, exactement comme une box Internet traditionnelle.

Cette solution peut être particulièrement intéressante dans les secteurs où le raccordement filaire est difficile ou coûteux.


Une solution qui ne remplace pas toujours la fibre

Il faut toutefois éviter de présenter la 4G ou la 5G comme un remplacement systématique de la fibre.

La qualité d'une Box 4G/5G dépend notamment :

  • de la couverture mobile
  • de la distance par rapport à l'antenne
  • de la qualité du signal
  • du nombre d'utilisateurs connectés à l'antenne
  • des caractéristiques de l'offre de l'opérateur

Les performances peuvent donc varier davantage que celles d'une connexion fibre. Dans certains logements, une bonne connexion 5G peut néanmoins fournir des débits très élevés, parfois supérieurs à ceux d'une ancienne connexion ADSL ou VDSL.


Et après la disparition du cuivre ?

La disparition du cuivre ne signifie pas que tous les logements disposeront nécessairement d'une fibre FTTH. L'objectif est surtout de disposer d'une solution permettant de fournir un accès Internet suffisamment performant sans avoir à conserver indéfiniment un réseau cuivre coûteux à entretenir.


Fibre, 4G ou 5G : quelle solution ?

Le passage du cuivre à la fibre est finalement une évolution assez peu visible pour l'utilisateur. La box reste dans le salon, le WiFi continue de fonctionner et les ordinateurs, smartphones et téléviseurs se connectent de la même manière. Pourtant, le réseau qui se trouve derrière la prise change complètement. Après avoir reposé pendant des décennies sur le cuivre, l'accès fixe à Internet repose désormais de plus en plus sur la fibre optique.

Et pour les logements qui resteront difficiles à raccorder, les réseaux mobiles 4G et surtout 5G pourraient jouer un rôle croissant dans l'accès fixe à Internet.